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France coloniale

mai 20 / ARTICLES

Aux termes de la capitulation du 5 juillet 1830, le Maréchal de Bourmont s’engageait au nom de la France à ce que « L’exercice de la religion mahométane [reste]libre » en Algérie. Dans l’ordre judiciaire, cet engagement allait se traduire par le maintien de la population conquise sous l’empire de la loi musulmane, et ce jusqu’à l’indépendance algérienne, en vertu d’un décret du 1er octobre 1854 dont le principe sera consacré par le sénatus-consulte du 14 juillet 1865[1]. En outre, conformément au décret du 17 avril 1889,…

Lire la suite... LE « CODE MORAND » DEVANT LA MAGISTRATURE MUSULMANE – L’impossible réforme du droit familial dans l’Algérie coloniale (1904-1926)

octobre 9 / France coloniale

La mosquée de Paris fut inaugurée le 15 juilet 1926, en présence du président Gaston Doumergue et du sultan du Maroc Moulay Youssef, au lendemain d’un défilé militaire qui avait mis les troupes coloniales à l’honneur en mémoire des milliers de soldats « indigènes » morts pour la France pendant la Première guerre mondiale. Officiellement présentée comme un gage de reconnaissance de la France envers ses « sujets » musulmans d’Afrique du Nord, la mosquée devait aussi – et même surtout – faire office de…

Lire la suite... LA MOSQUÉE DE PARIS DEVANT L’OPINION PUBLIQUE (1926)

septembre 19 / France coloniale

INTRODUCTION     Dès le début des années 1970, les sciences sociales ont cherché à établir une équivalence entre le sexisme et le racisme. Ainsi pour l’une des pionnières de l’étude de l’idéologie raciste, Colette Guillaumin, les discriminations raciales et sexuelles ont une racine commune. Dans un cas comme dans l’autre, écrit-elle : « Le caractère apparent (ou cru tel) (…) se saisit comme biologique (…) [et] peut être privilégié pour autant qu’il peut donner un support physique à une désignation sociale[1]. » Dans le même ordre d’idée,…

Lire la suite... REGARDS COLONIAUX SUR LA FAMILLE MUSULMANE (1830-1870) – 1

septembre 19 / France coloniale

Partie préliminaire DES SOURCES & DES HOMMES : LES « BUREAUX ARABES » ET LEUR LITTÉRATURE     Avant d’entrer dans le vif de notre sujet, il paraît nécessaire de préciser les raisons pour lesquelles les officiers des Bureaux arabes ont retenu notre attention parmi d’autres acteurs de l’histoire coloniale. Pour appréhender la rencontre coloniale sur le terrain du genre, il nous fallait identifier des sources susceptibles d’émaner de personnes directement impliquées, à la fois d’un point de vue social et politique. En d’autres termes, il était…

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septembre 19 / France coloniale

Première partie LA « QUESTION INDIGÈNE » À L’ÉPREUVE DE LA CONJUGALITÉ     Dès le début de la conquête de l’Algérie, la critique de la propriété arabe va de pair avec celle de la famille musulmane dans la plupart des discours coloniaux. Bien entendu, cette critique simultanée se nourrit des références culturelles et politiques de l’époque, où la qualité de chef de famille et celle de propriétaire ont à la fois une valeur symbolique et un sens politique. Valeur symbolique, depuis que la Révolution française a…

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septembre 19 / France coloniale

Deuxième partie LA DOCTRINE FAMILIALE DES BUREAUX ARABES     Lorsque Pellissier de Reynaud, Daumas et Richard abordent pour la première fois le problème de la justice musulmane – soit respectivement en 1836, 1844 et 1847 – les juristes français ont encore eux-mêmes très peu étudié le sujet. En effet, jusqu’en 1849, il n’existe que deux traités de droit musulman publiés en langue française. Le premier paraît en 1836 sous le simple titre de Droit musulman. Il s’agit du fruit d’une collaboration entre Théodore Dulau,…

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